Les fourchettes réelles
Commençons par les chiffres, puis j'explique ce qui les fait bouger. Ce sont des ordres de grandeur issus de ma pratique depuis 2023 et de ce que je vois chez les membres que j'accompagne — pas une promesse, et surtout pas une moyenne statistique.
| Étape | Bénéfice mensuel réaliste | Temps par jour | Ce qui bloque |
|---|---|---|---|
| Premier mois | 200 à 500 € | 1 à 2 h | On ne connaît pas encore ses cotes |
| Après 3 mois | 500 à 1 500 € | 2 h | Le capital limite le nombre de deals |
| Régime de croisière | 1 000 à 3 000 € | 2 h | Le temps disponible, pas les opportunités |
Fourchettes d'expérience, à raison d'une pratique régulière sur une niche maîtrisée. Le résultat dépend du temps, du capital et de la région.
Ce n'est ni la chance ni la niche, c'est le nombre de deals traités. Une marge de 100 € répétée trente fois dans le mois vaut 3 000 € ; la même marge sur trois deals vaut 300 €. Tout le métier consiste à augmenter la fréquence sans dégrader la qualité des achats — et la fréquence dépend d'abord du temps que tu y consacres.
Ce que rapporte un deal
Dans ma pratique, un deal correct dégage entre 50 et 150 € de marge brute. Le bas de la fourchette correspond aux petits produits à rotation rapide, le haut aux machines complètes achetées nettement sous le marché.
Mais la marge brute n'est pas ce que tu gardes. Voici un calcul complet, tel que je le fais réellement :
Prix de revente moins prix d'achat négocié moins les frais réels : essence pour l'aller-retour d'achat, essence pour la remise, consommables de remise en état (nettoyage, pâte thermique, câble manquant), emballage si expédition. Ces frais représentent facilement 10 à 20 € par opération — sur une marge brute de 60 €, c'est un quart qui disparaît.
C'est pour ça qu'un deal à faible marge sur un objet éloigné n'en est pas un. Le calcul se fait avant de prendre la voiture, pas après.
Pourquoi les chiffres qui circulent sont faux
Deux discours dominent, et aucun des deux n'est honnête.
Les promesses à quatre chiffres
« 10 000 € par mois », « revenu passif », « sans effort ». Ces contenus vendent un rêve, et ils ont un point commun : ils ne montrent jamais le calcul complet. Un mois exceptionnel existe, je n'en ai jamais nié la possibilité — mais le présenter comme la norme, c'est mentir par omission sur les vingt-neuf autres jours.
Le découragement des forums
À l'inverse, on lit régulièrement que « ça ne vaut plus le coup », que « le marché est saturé ». C'est souvent le constat de quelqu'un qui a essayé sans méthode : acheté au prix du marché, mal estimé, mal revendu. Le marché n'est pas saturé — il est simplement exigeant.
Les mois à 3 000 € existent, j'en ai. Les débuts à 150 € aussi, j'en ai eu. Entre les deux, il n'y a pas un secret : il y a le nombre de deals étudiés, refusés, puis conclus. La progression est lente les premières semaines, puis elle s'accélère nettement dès que les cotes sont acquises.
Les quatre variables qui font l'écart
- Le temps disponible. C'est la contrainte numéro un. Deux heures par jour permettent un flux régulier ; une heure le week-end, un complément occasionnel.
- Le capital qui tourne. Avec 200 €, tu fais un deal à la fois. Avec 2 000 €, tu peux en mener plusieurs en parallèle — c'est là que le revenu change d'échelle.
- La maîtrise des cotes. Tant que tu vérifies chaque prix, tu es lent. Quand tu reconnais une bonne affaire en trois secondes, tu traites dix fois plus d'annonces.
- La niche. Elle arbitre entre marge et rotation : gros écart mais revente plus lente d'un côté, petite marge mais liquidité immédiate de l'autre.
Sur ce dernier point, mes deux niches illustrent bien l'arbitrage : le PC et les cartes graphiques pour la marge par deal, l'iPhone pour la vitesse de revente.
Des chiffres honnêtes, une méthode qui les produit
Ce qui fait la différence entre 200 € et 2 000 € par mois, ce n'est pas la chance : c'est le nombre de deals que tu sais reconnaître.
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Du brut au net
Dernier point, souvent oublié dans les contenus qui annoncent de gros chiffres : ces montants sont des bénéfices bruts. Acheter pour revendre est une activité commerciale, à déclarer, avec des cotisations à la clé. Le passage du brut au net dépend de ton statut et des taux en vigueur — j'ai fait le point sur le cadre dans Leboncoin et les impôts, en renvoyant aux sources officielles pour les montants, qui changent chaque année.
Ça n'enlève rien à l'intérêt de l'activité, mais ça change le calcul : annoncer « 3 000 € par mois » sans préciser qu'il s'agit de chiffre avant cotisations, c'est le genre d'approximation qui fait déchanter au bout de trois mois.
Par où commencer
Si tu débutes, l'ordre qui marche : choisir une niche, apprendre ses cotes pendant une à deux semaines sans rien acheter, puis faire un premier deal à petit budget. Le guide complet détaille la méthode en six étapes, et où trouver les produits couvre la partie sourcing — celle qui alimente tout le reste. Avec un capital de départ réduit, les contraintes changent : voir démarrer avec un petit budget.
Questions fréquentes sur les revenus de l'achat-revente
Combien peut-on gagner avec l'achat-revente sur Leboncoin ?
Un débutant sérieux vise 200 à 500 € de bénéfice le premier mois. En régime de croisière, avec environ 2 heures par jour et une niche maîtrisée, la fourchette réaliste se situe entre 1 000 et 3 000 € par mois. Ce sont des ordres de grandeur tirés de ma pratique et de l'accompagnement de centaines de membres, pas une garantie : le résultat dépend du temps investi, du capital de départ et de la niche choisie.
Quelle marge par deal en achat-revente ?
Dans ma pratique, un deal correct rapporte entre 50 et 150 € de marge brute. Le bas de la fourchette correspond aux petits produits à rotation rapide, le haut aux machines complètes achetées nettement sous le marché. Il faut ensuite retrancher les frais réels — déplacement, consommables, emballage — qui grignotent facilement 10 à 20 € par opération.
Peut-on vivre de l'achat-revente ?
Oui, j'en vis depuis 2023 — mais c'est un vrai métier, pas un revenu passif. Ça demande une présence quotidienne, des déplacements, un capital qui tourne, et une gestion administrative. La différence entre un complément de revenu et une activité principale se joue sur le volume de deals traités, donc sur le temps que tu peux réellement y consacrer.
Combien faut-il investir au départ ?
100 à 200 € suffisent pour un premier deal sur une niche à petit ticket. Le capital grossit ensuite par réinvestissement : tu remets la marge dans le deal suivant. Démarrer petit est même préférable — tes premières erreurs coûteront quelques dizaines d'euros au lieu de plusieurs centaines.
Au bout de combien de temps devient-on rentable ?
Le premier deal peut être rentable dès la première semaine si la niche est simple et la cote connue. Ce qui prend du temps, c'est la régularité : compter deux à trois mois pour avoir un flux stable, le temps d'apprendre ses cotes, de roder son sourcing et de savoir refuser les mauvaises affaires.
L'achat-revente est-il un revenu passif ?
Non, et c'est le principal malentendu. Chaque euro gagné correspond à une annonce repérée, un message envoyé, un déplacement, un test, une remise en état et une revente. Ce qui s'automatise, c'est la veille — pas les transactions. Quiconque présente l'achat-revente comme passif ne le pratique pas.
Je vis de l'achat-revente sur Leboncoin depuis 2023, spécialisé dans les PC gamer et les cartes graphiques. J'ai accompagné des centaines de membres qui se sont lancés avec ma méthode.